proverbe chinois
Si je n'entre pas dans la tanière du tigre,
comment connaître ses petits ?
Si je n'entre pas dans la tanière du tigre,
comment connaître ses petits ?
Rocking-chair, air de delta blues, c’est la Louisiane évoquée, sa chaleur tenace, pesante, oppressante, qui alourdie chaque mouvement. La Louisiane et son univers de travailleurs, de mineurs, qui vivent dans le charbon et la bière ou dans les champs de cotons.
Une histoire évoquée. Une femme, seule, dissimule son regard sous un chapeau
d’homme. Elle se laisse bercer dans les bras d’un fauteuil, lentement. Elle se lève, lasse et forte, déplie doucement une lettre, puis déploie sa
parole. Une parole de souvenirs, d’espoirs brisés, lisant des mots qui ne sont pas les siens.
« Ma princesse ! … » La fierté et la dérision, dérisoire, résonnent. L’amertume et la force luttent. La lettre de Billy Joe, dit l’absurdité de notre condition, et son renoncement.
Elle, cette femme en robe jaune canari, défie quiconque de lui rappeler l’ordinaire, cet insignifiant, face au drame qui l’a faite imploser. Elle
défie, de ses regards de ses gestes, de ses silences les spectateurs passifs, d’avoir conscience qu’ils sont en train de VIVRE.
Puis elle se met en mouvement. Dans sa robe
jaune canari, elle danse. S’égare parfois. Lutte. Elle veut exister encore. Au dessus d’elle les cages à oiseaux tanguent sur son passage, les petits oiseaux jaunes s’affolent, comme elle, petits
miroirs de son enfermement. Elle joue parfois, au bord du précipice. Oui, elle est vivante. Elle chante, raconte le quotidien et le drame, s’amuse de notre attachement à l’ordinaire. Par
intermittence, entre ses excès de danse, ses excès de transe, elle nous livre l’Ode to Billy Joe. Méprisant notre indifférence comme celle des
parents de la chanson. Elle se révolte, s’agite, robuste et féminine. Elle virevolte. S’enivre de danse. Pour ne pas sombrer dans le désespoir mortel qui a entrainé Billy Joe Mac Alistair dans
les profondeurs du Mississipi. Elle se débat, enrage, furieusement présente. Elle exulte, furieusement vivante. Incandescente. Et extenuée déchire l’espace d’un cri de résistance : PS :
JE VEUX CROIRE EN CETTE LEGENDE QU’ON APPELLE L’AMOUR !
Lune
(27/08/2008)
>>>> etraits vidéo de la pièce présentée au Festival d'Avignon 2008 :
http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Another-Sleepy-Dusty-Delta-Day/extraits/
Le cercle blanc de l'indicible isolement
dessine
la continuité - la contiguité -
de l'être au monde
vivant - dans l'étreinte - de la forclusion
fusion circonscrite du rond monde
- un infini de limites -
dans un appel à l'ombre primaire
à l'absente jamais séparée
il cri sa parole
déversant l'ultime désir
- l'ultime délire -
" je veux rêver le rêve insoluble "
égaré dans la fascination miroitante
souffrant de n'être au monde
perpetuellement renaissant
dans le jeu incertain
de l'acteur temporel
dansant dans le rêve
où s'ouvre l'espace des origines
il s'engouffre dans la terrible solitude
étrange étranger
à l'autre multiple jusqu'à soi
- une tache rouge sur la neige -
ses ailes émergeant - brulantes -
de son dos ( froid ).
Lune (31.03.2008)
" Quand le poète peint l'enfer il peint sa vie."
"On s'apperçoit qu'un nouveau talent a émergé au fait qu'il se crée spontanément autour de lui une conjuration d'imbéciles pour le
briser."