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L'être

  • Lune
  • Femme
  • 16/12/1986
  • Crois Aux Rêves lOrsque La nuIt Nie l'Evidence

  • : "la poesie est une guérison et une épreuve" Artaud
  • : c'est sur fond noir qu'il faut créer pour faire naître la lumière...
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proverbe chinois

Si je n'entre pas dans la tanière du tigre, 
comment connaître ses petits ?

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Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /Jan /2008 16:53
" Si"
 
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre;
 
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot;
 
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun deux soit tout pour toi;
 
Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur;
 
Si tu peux être dur sans jamais être rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant;
 
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
 
Alors les Rois, la Chance et la Victoire
Seront à jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils.
Par Lune - Publié dans : Poèmes
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Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /Jan /2008 16:32

 

 

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Lisant relisant
Jours après jours
Nuits après nuits
Contre les lueurs bleutées
D’une insomnie écorchée
Sur l’escalier lunaire de mon âme
L’œuvre souveraine du poète
Qui intarissable me nourrit
De ses forces souterraines
Faisant écho aux sons étouffés
De mes cris silencieux
 
Je m’y engouffre
Par la brèche
De mon obscurité
Labyrinthique 
 
Sous la lenteur nécessaire
Je me délecte, je m’emplis
Au comble d’une parole dispersée
Je sculpte mon cœur d’argile,
Forge mes songes
Pour l’éveil des maux
En parole éclatée
 
Le maître poète
Appelle à mes déchirures
Me guide mot à mot
Sur le sentier de mon écriture
De mon écriture réparatrice
Pour un murmure du silence
Qui me creuse, qui me ronge
Et m’insuffle la voix créatrice
Le souffle vivant vivace
D’une persévérante espérance
Luttant, Naissant renaissant
Heurtant Chutant relevant 
Lisant relisant ...


(30.06.2007)

LUNE

Par Lune - Publié dans : Inspirations Poétiques
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Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 18:55
 
Tentative de murmure
Au creux du silence solitaire
Parole dispersée
Qui échoue à s’en tendre
En voix de message
 
Plaintes perdues des figures
En agressions désespérées
De morsures profondes
Sur des chairs éraflées
Ecorchées par les mots

(22.06.2007) 
LUNE

 

Par Lune - Publié dans : Inspirations Poétiques
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Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 17:34
(Extrait )

" Tu songes de temps à autres a "Lambeaux". Tu as la vague idée qu'en l'écrivant, tu les tireras de la tombe. Leur donneras la parole. Formulera ce qu'elles ont toujours tu. Lorsqu'elles se lèvent en toi, que tu leur parles, tu vois avancer a leur suite la cohorte des baillonés, des mutiques, des éxilés des mots
ceux et celles qui ne se sont jamais remis de leur enfance
ceux et celles qui s'acharnent a se punir de n'avoir jamais été aimé
ceux et celles qui crèvent de se mépriser et se haïr
ceux et celles qui n'ont jamais pu parler parcequ'ils n'ont jamais été écouté
ceux et celles qui ont gravement été humilié et portent au flanc une plaies ouverte
ceux et celles qui étouffent de ces mots rentrés pourrissant dans leur gorge
ceux et celles qui n'ont jamais pu surmonter une fondamentale détresse. "

(Avis)
 
Livre très juste, esquisse les actes sans les nommer, fait deviner ce qui serait trop dur, trop impudique à dire. 
Porte une réfléxion sur la difficulté du passage à l'acte de l'écriture. de la difficulté à trouver la "source", le lieu en soi de la vérité, qui ouvre sur l'écriture. 

* à relire peut être, ...penser à lire ses autres oeuvres, sur Giacometti, Beckett, Cézanne, ....
Par Lune - Publié dans : Errances Livresques
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Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 17:30
Un garçon assis sur le siège en face
Je lève les yeux vers lui
Il a disparut
Absence sur le siège vide
Je ne l’ai pas vu sortir
Je préfère cette pensée à l’autre
Insidieuse
Presque inaudible qui me chuchote :
                        Il n’y a jamais eut de garçon
 
Trop de choses contenues
 
 Jusque là tout va bien
 
Contenues
Dans la cage thoracique
Et qui gonfle jusqu’à la gorge
Ça se tend
 
C’est là que tout commence
 
-         tout quoi ?
-         on sais pas
-         qui on ?
-         … moi
-         Pourquoi dis tu on ?
-         On sais pas 
-         Pourquoi dis tu on ?
-         …..
-         Qui est “on“ ?
-         …. On sais pas …
-         Qui est-ce en plus de “moi“ ?
-         La femme
-         Tu es la femme ?
-         Non
-         Tu es l’homme ?
-         Non  
-         Tu es un homme ou une femme ?
-         On sais pas
     
      Silence
 
      Ni l’un ni l’autre – ou les deux
      On ne sait pas
 
Ça se gonfle
Ça se tend
Du diaphragme à la gorge
Ça gonfle
Ça veut déborder
 
On veut pas que ça déborde
On laissera pas faire
Le débordement ça fait peur
On sais pas ce qui va sortir
Mais dedans ça tire
Ça enfle
Ça prend toute la place
Trop de place
Bientôt y’aura plus d’air
Y’aura plus assez de place pour l’air
 
-         qu’est ce qui va arriver alors ?
-         ON SAIS PAS ON SAIS PAS ON PEUT PAS SAVOIR
      Il faut plus poser de questions !
-         …….
-         Il y a quelqu’un ?
-         ….
-         IL Y A QUELQU’UN ?
-         …..
-         Réponds !
-         On m’a dit de ne plus parler
-         Pas de ne plus parler
-         Si
-         NON ! pas de ne plus parler de ne plus poser de questions !
 
On ne sais pas répondre aux questions
Elles sont traitresses
On ne sais jamais quelle réponse elles veulent les questions
Il y a trop de réponses possibles
Il y a trop de probabilité de décevoir la question pour qu’on puisse prendre le risque de répondre
Trop de probabilité de ….. frustrer la question
De la trahir par une réponse non-souhaitée inadéquate fausse choquante hors-champ biaisée bancale difforme trompeuse incorrecte mensongère illusionnée travestie contrariante douloureuse gênante blessante pénible malheureuse ennuyeuse odieuse intolérable indigne révoltante repoussante grossière commune rude brute imparfaite bestiale frustre impolie béotienne impertinente obscène inconvenante ordurière saugrenue déplacée inopportune malséante malsonnante ….
 
On ne veux pas de questions
Parce qu’on a peur des réponses qu’on pourrais donner
 
Mais on ne veux pas de ton silence
Le silence partager devient toujours une tension qui oblige à parler
 
Et on a peur de la parole qui pourrait surgir : accidentelle fortuite contingente absurde aberrante déraisonnable inconséquente biscornue inepte irrationnelle insensé extravagante basse déshéritée imprécise fabulée blessée fasciné ahurie interdite feinte désagréable rebutante différente aliénée insane scandaleuse séduisante insolente illégitime abusive infondée ignorée équivoque réfléchie avisée précautionneuse rêvée éprouvée vécue survécue …
 
-         L’hiver, le vent, la pluie,
      Chantent leur mélodie
      Et moi je m’imagine
      Heureuse dans la vie
      Comme une mandoline
      Joue pour ma rêverie ………
 
-         arrête ! Arrête !
-         arrêter quoi ?
-         ce …. Bruit
-         je chante seulement
-         pourquoi fais tu ça ?
-         je comble notre silence
-         le silence n’est à personne !
-         Tu ne le comble pas tu le sali ! Tu le fais se souvenir … tu l’écorche, tu écorche le silence de tes chansons qui se souviennent !
      Maintenant on se rappelle d’Elle qui chante au creux de notre oreille, ça nous écorche,            c’est trop de douceur, et cette chaleur insupportable, qui s’infiltre partout, tout autour       et en dedans, ça nous étouffe !
-         qui est-elle ?
-         tu ne sais donc plus ? tu chante ces lambeaux de tendresse oubliés et tu me demande qui est-elle ?
-         oui je te le demande
-         elle est le trou du miracle, l’origine du monde, la mère enchanteresse et maudite, psalmodiant des berceuses anesthésiantes anathèmes qui m’ont liées à elle par l’infini cordon qui ne cesse de battre, qui ne cesse de croitre, et qu’elle tire comme une laisse pour me ramener à elle lorsque je m’éloigne trop. Comme on ramène un chien à ses pieds lorsqu’il à oser croire à l’illusion de sa liberté. Mais son maître l’a voulu compagnon-esclave, pour tromper l’angoisse de la solitude, et il n’est pas prêt d’y renoncer. Elle ne renoncera pas plus à ma compagnie, fut-ce au prix de mon affranchissement.     
 
      On ne peut pas l’oublier, elle est toujours là. Juste derrière soi, à susurrer dans le coin de notre oreille, commentant nos actes et nos pensées, insinuant l’idée que nous sommes incapables. Incapable d’être par nous même, seulement soi, séparé.        Séparé de sa sourde présence.
 
      Mais elle nous tient la créancière, on a une dette de vie envers elle. Et elle resserre le  collier, elle nous étrangle, jusqu’à l’asservissement le plus complet. 

(11.12.2007) 
LUNE

Par Lune - Publié dans : Divagations
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Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 17:27
"Je n'aime pas les poèmes de la nourriture, mais les poèmes de la faim,
ceux des malades, des parias, des empoisonnés, des suppliciés du langage
qui sont en perte dans leurs écrits"

 
 
"Si nous faisons du théâtre ce n'est pas pour jouer des pièces
mais pour arriver à ce que tout ce qu'il y a d'obscur dans l'esprit, d'enfoui, d'irrévélé
se manifeste en une sorte de projection matérielle."
 
Par Lune - Publié dans : Citations
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Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 17:16
Tu es pressé d'écrire,
Comme si tu étais en retard sur la vie.
S'il en est ainsi fais cortège à tes sources.
Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en retard sur la vie,
La vie inexprimable,
La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir,
Celle qui t'est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
Au bout de combats sans merci.
Hors d'elle, tout n'est qu'agonie soumise, fin grossière.
Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
En t'inclinant.
Si tu veux rire,
Offre ta soumission,
Jamais tes armes.
Tu as été créé pour des moments peu communs.
Modifie-toi, disparais sans regret
Au gré de la rigueur suave.
Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
Sans interruption,
Sans égarement.
Essaime la poussière
Nul ne décèlera votre union.
Par Lune - Publié dans : Poèmes
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Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 16:18


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Il émerge à peine
Affolé – étouffé
Des intimes profondeurs qui le submergent
Pour une inspiration
Qu’il expire aussitôt
Dans un cri
Surpris - de vivre encore
La parole s’arrache à lui
Le disperse
L’emporte - L’emmure
Désemparé
- il dit -
De peur de disparaître
Encore
Dans les brumes
Aveuglantes et mouvantes
De l’étroite immensité
De sa réalité
Ou l’air
Manque
Tant
L’espace
Du
Vide
Appel
A
Etre
Comblé

(10.10.2007)                                                                                                                                                                    LUNE

Par Lune - Publié dans : Inspirations Poétiques
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